Chaque année, les éditions Aux forges de Vulcain accueillent des stagiaires de troisième et de seconde qui profitent de ce stage d’observation de cinq à dix jours pour voir le quotidien d’une maison d’édition indépendante.
Ce stage d’observation commence généralement par une leçon d’une heure, par un éditeur, sur ce que sont les métiers de l’édition. L’exercice consiste à prendre une grande feuille de papier pour dessiner progressivement, de la gauche vers la droite, les actions et personnes qui permettent à un texte, parti des mains d’une autrice ou d’un auteur, d’atteindre les lectrices et lecteurs.
Les lignes qui suivent sont la transcription d’une de ces leçons.
" […] il vit quelque chose vaciller au-delà de la voûte, un mouvement qui fluctuait au gré du vent. Il leva les yeux, surpris, puis se retourna. « Regarde ça ! » cria-t-il.
Les indigènes sortirent de la cité pour venir se poster à ses côtés ; c'était la première fois qu'ils voyaient cette matière dont leurs vieillards leur avaient parlé. Agat tendit la main, paume vers le haut. Un flocon blanc papillonnant atterrit sur son poignet et disparut devant ses yeux. Le long vallon de champs de chaume et de pâturage épuisés, la crique, la forêt sombre, et les collines lointaines au sud et à l'ouest, tout cela semblait agiter d'un léger tremblement, battre en retraite tandis que tombaient du ciel bas des flocons capricieux qui descendaient un peu obliquement quand bien même le vent avait cessé de souffler.
Des voix d'enfants surexcités résonnaient derrière Agat parmi les toits de bois pointus.
« C'est plus petit que je ne le pensais, finit par dire Oumaksuman d'un ton songeur.
— J'aurais cru que ce serait plus froid. L'air donne même l'impression de s'être réchauffé. » […] "
Extrait de Planète d'exil (lecture en cours)
Traduit par Jean Bailhache
Traduction révisée par Sébastien Guillot
Avec cent-neuf dessins de l’auteur
Traduit du tchèque par Michel Chasteau
[damoiseau1671137] — Un livre que je n'avais pas prévu d'acheter, dont je ne connaissais pas l'existence malgré mon goût pour son auteur – l'éditeur, La Baconnière, est Suisse et je vis en France, en Corrèze – trouvé dans une librairie loin de chez moi – mais encore en France, et loin de la Suisse.
Extrait des premières pages :
Hendaye, changement de train ! Un gendarme à la face de jeune Caligula, sous un tricorne étincelant, griffonne sur nos bagages quelque signe cabalistique et, d'un geste majestueux, nous invite à passer sur le quai. Cette fois, ça y est : je suis en Espagne.
Camarero, una media de Jerez. Oui, cette fois, ça y est. Une ensorcelante Espagnole aux ongles teints de henné… Allons, allons, mon garçon, elle n'est pas pour toi. Mais ce gendarme, au moins, si je pouvais l'emporter chez moi — empaillé !
Les connaisseurs pourraient se dire que c'est bien là du Karel Čapek.
traduit par Paul Gruyer et Louis Postif.1
Il existe plusieurs éditions de la nouvelle Construire un feu, seule ou au sein d'un recueil. L'intérêt de celle-ci, aux éditions Libretto, accompagnée de six autres nouvelles, est qu'on y trouve en appendice, la première version de Construire un feu, où l'homme est sans chien, et ça change tout…
Photo prise en Corrèze le premier août 2025
Je ne peux rien dire de cette traduction par rapport à une autre, car :
– ma précédente lecture dans une autre édition est trop ancienne ;
– je ne suis pas un spécialiste… ↩

[damoiseau1671137] — J'achète parfois la revue Le Matricule des Anges , pour son dossier quand il est consacré à… Cette fois, c'est à Valérie Rouzeau .
[…] On apprenait aussi que la commune Le Noyer dans le Cher (236 habitants) s’apprêtait à baptiser l’école du village du nom de Valérie Rouzeau qui y fut élève et y apprit le goût du poème. Elle nous avait raconté en 2012 l’importance d’une institutrice amoureuse de poésie qui lui demandait de se mettre debout sur le bureau de l’enseignante pour y réciter des vers. […]
Hélène Dorion
en Poésies - Gallimard
Voici, en France, après Mes forêts et Cœurs, comme livres d'amour, tous deux aux éditions Bruno Doucey, un recueil de la Québécoise Hélène Dorion, que j'ai découvert dans la librairie qui a mes préférences, orné d'un bandeau « grand prix de l'académie française », mais il ne faut pas se laisser rebuter par ça…
Extrait, page 52 :
Ce matin quelques gestes
ramènent en nous la vie
fragile et emplie de ruines
une lueur sillonne nos corps
dans le tourment de voir se perdre
la nudité des heures
qui nous ressemblent.Aimer nous effraie, chaque fois
frôle en nous la disparition.
Tout se regarde, sans jamais se laisser voir.
Penché sur moi, ton visage
défait ce que je suis, débarrasse l'amour
de ce qu'il fut.
Ci-dessus le tout début de la première histoire de la série des P'tites Poules : La petite poule qui voulait voir la mer
Des livres qui sont aussi bien pour les petits que pour les grands ! Les plus âgés (dont je fais partie même s'il y a encore plus décrépits) peuvent y trouver des choses que ne voient pas, pas encore, les plus jeunes…
On peut commencer par là, un album qui regroupe les quatre premières histoires, plus un bonus. Sur cette même page, on peut y lire la biographie (pas toujours sérieuse) des auteurs, Christian Jolibois et Christian Heinrich.
Une histoire que je n'ai pas lue, la dix-huitième, mais le titre me plaît : Les P'tites Poules et la rivière qui cocotte
Exemple :
Alexandrin greffé “ Sur le vide papier sont les chants les plus beaux ” Mallurset.
Le nouveau site Gallica est désormais en ligne depuis le mardi 7 janvier ! Découvrez un site totalement repensé, à la fois dans son apparence, grâce à une interface plus moderne, mais aussi par son ergonomie, avec de nouvelles entrées pour y trouver plus facilement ce que vous cherchez.
Gallica est la bibliothèque numérique de la BnF et de ses partenaires. Elle offre un accès libre et gratuit à plusieurs millions de documents numérisés de toutes époques et de tous supports.
La BnF est la Bilbliothèque nationale de France.
« […] portant l'urne dans ses bras, [il] traversa la cour jusqu'à l'écurie où les chevaux, dans leurs stalles, têtes posées sur les balustrades supérieures, étaient semblables aux tableaux des ancêtres dans un grand corridor, assistant à la procession du défunt. »
[damoiseau1671137] — Ceci est extrait d'un roman de Richard Wagamese que je viens d'entamer, quelques semaines après avoir lu, du même auteur, Les Etoiles s’éteignent à l’aube.
J'ai lu Les Etoiles s’éteignent à l’aube quelques mois après que l'auteur de polar Sébastien Vidal le conseille lors d'une soirée en librairie. Auparavant, lui-même avait suivi le conseil de Franck Bouysse…
J'ai prêté Les Etoiles s’éteignent à l’aube à une personne qui l'a vite lu, et qui a vite lu ensuite, prêté aussi par moi, celui que je viens d'entamer…
[damoiseau1671137] — Après un album sans paroles, entièrement musical en piano solo, Babx annonce ainsi son prochain album :
Tout a commencé avec des chants d’oiseaux.
En Mars 2020, alors que l’Humanité tout entière se cloîtrait ; les oiseaux, la moindre petite fleur sauvage, les biches et celles que nous nommions avant « les mauvaises herbes » reprenaient la place que nous leur avions arrachée. Dans les rues, sur les Ronds-points et les Grands Boulevards, de petites forêts vierges tenaient le pavé.
Dans nos « maisons », petites ou grandes, nous redécouvrions le poids et la vapeur du Temps, l’épaisseur du vide, et la valeur colossale de ce que nous pensions être de petites choses, de « petits riens ». Nous réapprenions à vivre ensemble les uns sans les autres, à chérir le petit lopin de monde dans lequel nous avions élu domicile et celles et ceux avec qui nous le partagions.
De ces chants d’oiseaux libérés est née une première chanson Prendre soin qui finit par deux saxophones comme deux merles qui palabrent.
Au même moment et dans les temps qui ont suivi, j’endormais ma fille Alma en lui chantant des chansons. De belles mélodies lumineuses. Cucurucucu Paloma, Jardin d’Hiver, Love me tender, les vacances au bord de la mer et toute une collection de chansons que j’avais enfouie et dans lesquelles je retrouvais ma voix et l’envie de chanter. Pour « prendre soin ».
Une petite cabane au milieu d’un monde qui se fissure.
Puis en vinrent d’autres… des chansons-cabanes, des chansons-cailloux pour ne pas perdre notre chemin et des chansons pour chérir la petite fleur sauvage de l’instant présent (Nos Années Lumière, Amour Colosse, Ah la la la, Avant la Nuit) toujours menacée par la violence du Monde prêt à l’arracher.
Ce Monde où des milliardaires inventent de nouveaux oracles en faisant tomber la neige dans le désert (Jeux d’Hiver), où les fascismes s’inventent de nouveaux déguisements avec les lambeaux de peaux de peuples anciens (Apaches), où l’Homme-Conquérant pressentant la fin de son règne arriver, dans le son du galop des femmes et des filles à travers le monde (Chevaleresse) s’auto-panthéonise, extasié par le reflet de sa propre « virilité » (les Héros).
Il y a dans ces chansons des mélodies que j’ai voulu suffisamment claires pour que ma fille puisse les comprendre et les chanter si elle le voulait. Il y a beaucoup d’amour je le crois. Beaucoup d’inquiétudes aussi. Ou peut-être juste la trace d’un chant de merles qui palabrent et d’une petite cabane pour l’abriter.
Petit manuel d'émancipation linguistique
À force de l'entendre, cela semble admis : la langue française serait en péril, confrontée à diverses menaces (les anglicismes, le langage SMS, le politiquement correct, etc.). Sur quoi reposent ces craintes ? Comment faire la part de ce qui relève de la description de la langue, et ce qui relève des discours fossilisés tenus au nom de la langue ?
Entrons ensemble dans l'histoire sociopolitique du français, dépoussiérons les débats citoyens sur ces questions ! Ce sera l'occasion de découvrir les liens subtils entre langue, politique et société. De voir qu'on peut à la fois aimer le français et avoir confiance dans sa vitalité, sans se complaire dans la nostalgie d'un passé mythique. De comprendre que la langue fait partie des éléments qui contribuent à maintenir un système social ou à le changer.
La langue sera toujours un objet de débats collectifs : ce livre nous donne joyeusement les outils nécessaires pour y participer !
Je pense qu’en ce moment
personne peut-être ne pense à moi dans l’univers,
que moi seul je me pense,
et si maintenant je mourais,
personne ni moi ne me penserait.Et ici commence l’abîme,
comme lorsque je m’endors.
Je suis mon propre soutien et me l’ôte.Je contribue à tapisser d’absence toute chose.
C’est pour cela peut-être
que penser à un homme
revient à le sauver.
Roberto Juarroz, Poésie verticale, traduit de l’espagnol par Roger Munier
«Que peut bien faire un Tchèque en Alsace ? », demande un des personnages de la nouvelle intitulée « La cathédrale de Strasbourg ». La vie de son auteur Jiří Weil a été cruellement marquée par les régimes totalitaires du XXe siècle. Déjà dans les années 1930 ce communiste convaincu connaît pendant son séjour en Union soviétique la prison stalinienne et n’échappe au goulag que grâce à l’intervention des communistes tchèques. Echappant au Charybde stalinien il tombe dans la gueule du Scylla nazi. D’origine juive, il ne survit à la Deuxième Guerre mondiale que parce qu’il décide de disparaître, de passer à la clandestinité. Jiří Weil laissera à la postérité plusieurs romans et recueils de nouvelles qui, sans être tout à fait autobiographiques, reflètent les déboires amères de sa vie.
[damoiseau1671137] — De Jiří Weil, peut-être avez-vous lu, comme moi il y a longtemps, son roman Vivre avec une étoile ; on le trouve encore, réédité en 2023…
[damoiseau1671137] — Je n'ai pas vu le film, je n'ai pas envie de le voir ; je n'ai pas lu le livre, je le lirais peut-être un jour.