De jolis courriels au boulot

Publié dans blabla, Ma vraie vie

À mon nouveau poste, je reçois d’un autre site des demandes par courriel. L’adresse de ces courriels est sous la forme service-y@monentreprise.fr ; la demande est concise, est signée d’un prénom (très rarement du prénom et du nom). Je ne connais des personnes demandeuses que la signature des courriels, peut-être les ai-je croisées un jour mais je ne saurais les identifier. La coutume est de répondre aux courriels seulement quand la demande pose problème ; si tout roule, on ne répond pas.

Depuis deux semaines, je me suis mis à traiter différemment les demandes par courriel. Aux demandes que je ne peux satisfaire, j’ai remplacé le classique « Désolé mais… » par « Mon cœur est tout chagrin car… » ou des variantes dans le même style. Et je réponds maintenant aussi quand je satisfais la demande, j’en écris alors une tartine dithyrambique, par exemple autour du bonheur que j’ai eu et qui j’espère rejaillira sur la personne demandeuse… À part deux ou trois simples « Merci », mes réponses sont restées sans suite,  jusqu’à hier où j’ai reçu ceci :

Bonjour à nouveau cher Christophe.

Notre cher Voltaire n’aurait pas mieux formulé ta réponse. Quelle admirable plume !
Cette belle langue française est si souvent mise à rude épreuve que nous avons été charmées de cet élan poétique qui va ensoleiller notre après-midi !

A bientôt cher bellâtre.

(On s’est mis là à me tutoyer alors qu’on m’avait toujours voussoyé.)

Je supprime régulièrement les courriels, celui-ci je l’ai conservé. Il y a eu une suite dans l’après-midi avec une demande de travail de la même personne, pas formulée comme d’habitude… Et bien qu’on s’est mis à me tutoyer, j’ai continué à courtoisement voussoyer.

 

Dans la semaine, j’ai reçu une demande d’une personne avec qui je n’avais jamais eu affaire. Comme elle provenait du secrétariat de la haute direction, il n’était pas question pour moi de faire le fanfaron dans ma réponse, et comme je ne pouvais faire ce qu’elle demandait, j’ai répondu très sérieusement :

Bonjour,
 
La DRH m’a déplacé au service xxx pour quatre mois. Le responsable du service a jugé, avec raison, qu’il n’était pas nécessaire de tout m’expliquer pour une aussi courte période. Votre demande ne fait pas partie de ce que j’ai appris au service xxx, je ne peux satisfaire votre demande. Si vous déplorez cette situation et souhaitez qu’elle ne se reproduise pas, vous pouvez en faire part à la DRH. Je mets votre demande de côté, ma collègue présente le matin la traitera peut-être.

(signé de mon prénom et de mon nom)

 

J’aime improviser mais seulement dans la franche rigolade, alors j’ai sauvegardé ma réponse comme réponse-type, elle peut resservir.

Il m’a été répondu que c’était une demande expresse du grand directeur et qu’on espérait en ma collègue. M’est revenu alors un souvenir vieux d’une dizaine d’années : on m’avait demandé de faire une chose en urgence parce qu’elle concernait le fils d’un administrateur, j’avais répondu que je traite tout le monde à la même enseigne, qu’il attendra son tour. Je crois que ma collègue, bonne soldate, a pu faire…

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En allant vers une exposition

Publié dans blabla, Culture, Ma vraie vie, Photo

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À Tulle il y a des escaliers qui sont nommés rue, il y a aussi une impasse qui n’en est pas une : en automobile comme à pied, on peut l’emprunter et sortir ailleurs.  Des camions accèdent par cette « impasse » à l’arrière du théâtre, et ne font pas marche arrière pour en sortir. Qu’on ne renomme pas cette impasse du nom de l’ex-maire devenu président de la république ! Elle n’est pas à son image ! Trouvez une autre impasse, une vraie, ou une déchetterie, à moins que celle-ci porte déjà le nom du président précédent… Mais je m’égare… J’arrive à m’égarer dans une impasse !

J’allais en ce lieu :

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Il y a ici la salle du bas et la salle du haut. Dans la salle du bas, j’ai plusieurs fois donné et donnerai encore mon sang, j’y ai participé le temps d’un ouikènnd à un stage de théâtre (j’y avais travaillé, entre autres, Tartuffe le violeur), j’y ai acheté des livres d’occasion au profit de je ne sais plus quoi, j’y ai encore dépensé des sous dans une bourse aux disques. Dans la salle du haut, j’ai assisté à quelques concerts, en septembre 2013 je suis parti avant la fin, en octobre 2011 je suis resté longtemps après la fin du concert de Davaï avec Svetlana, Chadi, Yannick… que je n’ai pas revus depuis. J’écris cela sans nostalgie, même si j’aurais plaisir à les revoir ; je suis resté longtemps trop attaché aux gens disparus de ma vie, des vagues connaissances jusqu’aux (ex-)amies, je crois que je suis guéri de ce trop d’attachement.

Le haut vu du bas de l’escalier de secours que heureusement je n’ai jamais eu à emprunter :

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Je ne suis pas entré par cette porte, je n’en ai pas la clé :

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L’autre côté de la rue est bordé par le théâtre :

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… Et me voilà devant l’entrée de l’exposition :

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Une installation avec des photos, des créatures posées par-ci par-là, une bande-sonore… Le tout créant une ambiance dans laquelle j’ai été pris dès le début… J’allais ensuite en parler et conseiller d’y aller, ce que je ne ferai pas ici.

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Soirée 45 tours

Publié dans Audrey et Cristophe
Photo : Cristophe 1671137

Photo : Cristophe 1671137

Nous avons sorti dimanche soir des vieux 45 tours.

Il y en a où nous n’avons écouté que la face B parce que trop entendue l’autre face…

Le garçon d'ascenseur by Téléphone on Grooveshark

Il y en a où la face B vaut bien la face A…

Le Voyage [www.emulesonic.com] by Georges Moustaki on Grooveshark

C’était chouette de faire tourner ces vieux disques.

Dernière chanson de ce billet, un tube de 1982…

tube_1982

mais chanté différemment à la BBC en 2003…

 

Un autre jour ce fut atelier nettoyage de 33 tours récupérés dans un garage…

nettoyage vinyl

 

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Un havre de paix dans la dégueulasserie du monde

Publié dans blabla, Ma vraie vie, Photo

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19 juillet 2014. La dernière fois que j’étais venu là, c’était seul le 19 avril. Pour ne pas risquer de déranger quelqu’un au bord de la petite cascade (au fond de la photo précédente), je n’étais pas allé jusqu’à celle-ci.

20140719_111642( Ah si Gilsoub photographiait cet endroit ! Ce serait autre chose que mon reportage… )

Ce 19 juillet, nous deux étions là seuls. Pas une âme qui vive sauf la nôtre unie en une seule flamme (je recycle ici une phrase que j’avais écrite pour le concours d’entrée à la rédaction du magazine Nous Deux). Nous ne vîmes qu’une marcheuse qui ne fit que passer. Malgré la tonte récente de l’herbe et un laid défrichement de l’autre côté du cours d’eau, nous étions loin du monde, des rapaces de la finance, des bombes…

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Encore une fois, la venue ici n’était pas prévue. Nous avons quitté la ville assez tôt pour avoir le temps de nous arrêter au bistro du village voisin de là où nous étions invités à déjeuner. À la sortie de la ville, au lieu de suivre la route « normale », j’ai bifurqué sur l’ancienne route que j’appelle « route touristique » (elle n’est pas dans un circuit officiel, elle est touristique seulement pour moi). Au croisement avec une grande route qui aurait pu nous amener quasi-directement au bistro, j’ai continué ce que j’appelle tourisme. Traversant un village, au lieu d’aller tout droit, j’ai tourné… Sur une petite route que nous connaissons, j’ai entendu « On pourrait aller au… », je venais juste d’avoir  l’idée de tourner un peu pluss loin pour y arriver. Nous ne sommes pas passés par le bistro, nous étions à l’heure au déjeuner.

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Chercher un jacuzzi dans la toundra

Publié dans Autres morceaux, Jeux

Histoire inspirée d’un fait réel à peine transformé,
auquel presque rien n’a été ajouté.

Moustiquaire, Édredon, et leur fille, Parisiens de Paris, passent leurs vacances dans la campagne corrézienne « loin de tout ».

« Oh chérie comme c’est roots ! » s’est extasié Édredon en découvrant la grange aménagée en gîte au confort minimum.

La petite est malade, Moustiquaire et Édredon cherchent dans l’annuaire un médecin dans l’un des villages alentour, en trouvent un, un généraliste, Édredon s’apprête à lui téléphoner, Moustiquaire l’arrête : « Attends, ça serait quand même mieux un pédiatre homéopathe », Édredon replonge dans l’annuaire…

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