Un repas de pauvres

Publié dans blabla, Ma vraie vie, Photo

Mes parents sont nés et ont été élevés chacun dans une famille pauvre puis, jeunes mariés, jeunes parents, ils ont encore vécu dans la pauvreté. Ensuite, petit peu à petit peu, à force de travail, de débrouillardise, de volonté tenace de s’en sortir, ils ont acquis de l’aisance. Aujourd’hui, tout en faisant attention, ils ne se privent pas, ou très peu. Néanmoins, quand on est invité à manger chez eux, on sent qu’ils ont été pauvres et qu’ils ont conservé des procédés de leurs pauvres années. Ainsi, si la viande est maintenant présente à chaque déjeuner, il arrive qu’on doive partager deux tranches en quatre parts !

Entrecôtes

Entrecôtes

 

Quant aux légumes, l’un d’eux est allé les chercher à une vingtaine de kilomètres en automobile et plusieurs hectomètres à pied, au risque de se perdre et de ne jamais revenir, là où ils sont gratuits…

Cèpes en sauce

Cèpes en sauce

 

Et le vin ! Une vieille bouteille imprésentable trouvée lors du nettoyage d’une cave….

Vin de Beaune de 1971

Vin de Beaune de 1971

 

Et on mange dans la cuisine, pas question d’ouvrir la grande salle et de sortir une belle nappe !

Mais on sait qu’ils ont été pauvres alors on excuse volontiers leurs fâcheuses tendances ultra-économisantes ; et même, on apprécie qu’ils n’oublient pas d’où ils viennent, qu’ils n’agissent pas comme certains parvenus. On sait que dans le fond ils sont généreux et qu’ils pensent bien faire, ils ne se rendent pas compte… Ce sont des gens simples, pluss simples que leur fils qui dans un même billet, jusque dans une même phrase, mêle vrai sérieux, bêtise inventée, travestissement de la réalité… Je finis dans le même strict sérieux du début en précisant que le vin de Bourgogne de 1971, en pluss d’être bon, se mariait très bien avec les cèpes. Ce fut un repas plein de richesses !

 

Éthique : les photos de ce billet ont été prises avec un appareil-photo numérique qui ne fait pas téléphone, aucun smartphone n’a été utilisé et aucun utilisateur de smartphone n’a reçu ces photos via l’une de ses applications. Aucun téléphone n’a été détourné de sa fonction de téléphone. Aucune personne n’a subi la violence de recevoir ces photos à l’improviste.

 

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Trois questions sans réponse

Publié dans blabla, Culture

Le titre de ce billet est le titre d’un poème de Jean-Claude Tardif (né en 1963), poème que voici sans tarder :

Trois questions sans réponse

Comment écrit-on un poème ?
Je crois que je ne sais pas,
enfin pas vraiment.

Comment parle t-on de la mort ?
Avec l’air dégagé de celui qui sait
comment écrire un poème.

Comment vit-on sa vie ?
En cherchant chaque jour à lire un poème
qui nous rassurerait sur le noir.

 

La photographie est de Jean-Michel Marchetti

La photographie est de Jean-Michel Marchetti

Bonus, la page 45, page qui suit les Trois questions sans réponse :

Jean-Claude Tardif - La vie blanchit - page 45

 

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Hier soir…

Publié dans blabla, Ma vraie vie

Hier soir, exceptionnellement, je ne suis pas allé à l’atelier-théâtre. Je suis allé dans une station Total, j’ai allumé un cierge, pas trop près des pompes à essence, et je me suis recueilli.

J’avais un lot de trois cierges, le premier je l’avais brûlé devant une boutique Apple le jour de la mort de Steve Jobs, il m’en reste donc un pour… Serge Dassault ? François Pinault ? …?

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Schultz et Parabellum

Publié dans Rock, pop, etc, ♫ Musique

À la médiathèque, en apercevant la une du mensuel Rock’n’Folk, j’ai cru à une réédition d’un numéro des années 1970. Les gros titres : Led Zeppelin, Pink Floyd, Bob Dylan. J’ai vu ensuite que c’était bien le numéro d’octobre 2014, et en bas de la une, en petit : Schultz et Parabellum, ce qui ne rajeunit pas non plus. Pour les non-connaisseurs, Parabellum est un groupe punk-rock français né dans le milieu des années 1980, Schultz son chanteur-guitariste-compositeur. Bien que je n’ai jamais pu supporter d’écouter en entier un album de Parabellum, la curiosité m’a poussé à ouvrir ce Rock’n’Folk, Parabellum serait-il encore en activité ?… Ah non, Schultz est mort le mois dernier, d’une embolie pulmonaire, à 53 ans.

Si sur la longueur Parabellum m’a toujours été pénible, il m’en est resté, de la fin des années 1980, trois perles :

-1- Amsterdam, pas tout à fait dans les pas de Jacques Brel…

 

-2- Cayenne, adaptation du chant des bagnards, que j’ai chantée quelques fois avec des copains, pas toujours les mêmes, dans un bistrot ; la dernière fois c’était à Paris en 2007 ou 2008, je me rappelle encore les paroles…

 

-3- Osmose 99, une chanson qui détend, un peu dans le genre « Ça fait du bien de gueuler un coup »

 

1999 aucune raison de faire la teuf
Dans dix minutes c’est l’an deux-mille
Y’a pas qu’mon foie qui s’fait d’la bile
Sur la seule chaîne nationale
Qui n’émet plus qu’en noir et pâle
L’État va présenter ses vœux
A cent millions d’chômeurs heureux !

t’as joué, gagné, t’as tiré un as de pique
t’y as cru, perdu, tout ça c’est d’la politique

Pour le troisième millénaire
La démocratie est en fer
Le Président du parti unique
Nous a promis plus de flics
Qu’on doit être content d’constater
Qu’les immigrés ont émigré
Ils ne nous fabriquent plus d’voitures
Et Paris est un tas d’ordures !

t’as joué, gagné, t’as tiré un as de pique
t’y as cru, perdu, tout ça c’est d’la politique

À la fin d’sa déclaration
Le Président de l’Extrême-Con
Nous a dit qu’il fallait tenir
Même si la crise faisait maigrir
Donc les impôts sont quadruplés
Mais ça d’vrait pas trop déranger
De toute façon on a plus rien
On a déjà bouffé tous les chiens !

Tu vois et à part ça, ça va !
Je n’fais plus qu’des concerts pour moi
Le public n’existe plus
Je n’sais même pas c’qu’il est d’venu !
Pour faire marcher ma sono
J’ai trouvé une dynamo
Je pédale en jouant d’la guitare…
J’espère au moins une fois t’revoir !

t’as joué, gagné, t’as tiré un as de pique
t’y as cru, perdu, tout ça c’est d’la politique

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Je n’ai jamais vu Parabellum sur scène mais j’ai eu l’occasion de croiser Schultz, il m’a semblé sympathique et j’ai pensé que hors micro, il ne devait pas gueuler souvent.

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C’est la manette d’un jeu vidéo !

Publié dans Audrey et Cristophe
Sur la place Vendôme

Sur la place Vendôme

— C’est la manette d’un jeu vidéo ! Avec on pilotait un vaisseau spatial !

— Ah oui, il fallait éviter les astéroïdes et avant de se poser tranquillement sur la base lunaire on pouvait être aspiré dans un trou noir.

— Ça n’a rien de sexuel, ils sont cons les gens !

— Excuse-moi de changer de conversation mais ça me fait penser que je n’ai pas retrouvé le plug.

— Tu ne l’as pas sur toi ?

— Je ne l’ai plus. J’ai dû l’expulser trop fort…

 

tulle-paris

 

Mais qui est Paul McCarthy, l’auteur du sapin gonflable qui ressemble à un « plug anal » ?

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