Les neurones à fond !

Publié dans blabla, Culture, Ma vraie vie

Lors de la représentation de notre spectacle à Saint-Céré.

Je suis dans un moment où je (le personnage) raconte ce que je vois autour de moi (autour du personnage dans la tranchée). Il y a par-ci par-là des soldats ; je (le personnage) raconte, en le nommant, un premier soldat, dans quel état il est, je raconte un deuxième soldat, Jean… Puis j’omets le troisième et je passe au quatrième, Chantoiseau. Je (moi) me rends compte aussitôt que j’ai oublié Biloray, c’est la quatrième représentation et c’est la première fois que ça m’arrive, je (le personnage) continue et en même temps je (moi) me dis que je pourrai replacer Biloray entre Chantoiseau et Petitbru, que ce serait dommage de ne pas parler de Biloray, mais aussi je crains, si je replace Biloray, de ne pas pouvoir reprendre ensuite le fil normal du texte, avec Petitbru… Je me demande intérieurement que faire tandis que je (le personnage) dis « À l’une des blessures de Chantoiseau, au moignon de son pouce coupé, je reconnais encore cette contraction de la chair pâle, cet affreux spasme rythmique et profond. », et en même temps je regarde le public, j’ai vu subrepticement au dernier rang que notre meneuse-metteuse-en-scène s’est rendu compte de mon oubli… En ayant fini avec Chantoiseau, décision ultra-rapide, j’enchaîne « Et Biloray… » ; je raconte Biloray, je raconte Petitbru, sans faillir. Je ne fais plus d’erreur. En citant Petitbru, je regardais encore le public, cependant j’ai évité de regarder vers notre meneuse-metteuse-en-scène, j’ai craint que voir son soulagement me déconcentre un peu, puis il fallait bien que je (moi) me lâche.

 

Après le spectacle, tout en regrettant l’erreur, je suis content que cela me soit arrivé, et que je m’en sois sorti correctement ; finalement j’y ai gagné en assurance bien que rien ne soit jamais gagné définitivement. Je n’oublie pas que je peux me planter, mais je sais aussi qu’il y a d’autres voies que la catastrophe.

 

(Biloray, Chantoiseau, Petitbru, et les autres, sont Ceux de 14 de Maurice Genevoix. Notre spectacle est un montage de textes, prose et poésie, de divers écrivains ayant vécu la « grande guerre ».)

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Saint-Céré s’insérer cinq cerfs et sincère hé !

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Dans les rues de Saint-Céré (département du Lot), j’ai vu quelques fois cette affiche…

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Je découvrais l’affiche, je n’allais pas découvrir le spectacle puisque après maintes répétitions et pour la quatrième fois en public, j’allais avec mes partenaires jouer dedans. Nous allions nous produire en ce lieu…

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Une personne de l’association culturelle locale avait vu notre première représentation et s’était dit « Il faut que je les fasse venir »

Je ne vais pas maintenant m’attarder à parler théâtre. Un autre jour peut-être… Depuis mars ou avril, j’ai parfois des envies d’écrire sur le sujet, je note mentalement des choses…

Comme je ne subis pas une tournée trépidante d’artiste professionnel (nous ne rejouons pas avant le huit novembre), j’ai le temps de visiter les lieux où je vais. Le lendemain matin, j’observais le château qui domine Saint-Céré…

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Et environ 1h41 pluss tard…

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Puis à une vingtaine de kilomètres pas vraiment sur la route du retour, je descendis à l’ombre et au frais…

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Etc. Peut-être publierai-je une suite…

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Un repas de pauvres

Publié dans blabla, Ma vraie vie, Photo

Mes parents sont nés et ont été élevés chacun dans une famille pauvre puis, jeunes mariés, jeunes parents, ils ont encore vécu dans la pauvreté. Ensuite, petit peu à petit peu, à force de travail, de débrouillardise, de volonté tenace de s’en sortir, ils ont acquis de l’aisance. Aujourd’hui, tout en faisant attention, ils ne se privent pas, ou très peu. Néanmoins, quand on est invité à manger chez eux, on sent qu’ils ont été pauvres et qu’ils ont conservé des procédés de leurs pauvres années. Ainsi, si la viande est maintenant présente à chaque déjeuner, il arrive qu’on doive partager deux tranches en quatre parts !

Entrecôtes

Entrecôtes

 

Quant aux légumes, l’un d’eux est allé les chercher à une vingtaine de kilomètres en automobile et plusieurs hectomètres à pied, au risque de se perdre et de ne jamais revenir, là où ils sont gratuits…

Cèpes en sauce

Cèpes en sauce

 

Et le vin ! Une vieille bouteille imprésentable trouvée lors du nettoyage d’une cave….

Vin de Beaune de 1971

Vin de Beaune de 1971

 

Et on mange dans la cuisine, pas question d’ouvrir la grande salle et de sortir une belle nappe !

Mais on sait qu’ils ont été pauvres alors on excuse volontiers leurs fâcheuses tendances ultra-économisantes ; et même, on apprécie qu’ils n’oublient pas d’où ils viennent, qu’ils n’agissent pas comme certains parvenus. On sait que dans le fond ils sont généreux et qu’ils pensent bien faire, ils ne se rendent pas compte… Ce sont des gens simples, pluss simples que leur fils qui dans un même billet, jusque dans une même phrase, mêle vrai sérieux, bêtise inventée, travestissement de la réalité… Je finis dans le même strict sérieux du début en précisant que le vin de Bourgogne de 1971, en pluss d’être bon, se mariait très bien avec les cèpes. Ce fut un repas plein de richesses !

 

Éthique : les photos de ce billet ont été prises avec un appareil-photo numérique qui ne fait pas téléphone, aucun smartphone n’a été utilisé et aucun utilisateur de smartphone n’a reçu ces photos via l’une de ses applications. Aucun téléphone n’a été détourné de sa fonction de téléphone. Aucune personne n’a subi la violence de recevoir ces photos à l’improviste.

 

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Trois questions sans réponse

Publié dans blabla, Culture

Le titre de ce billet est le titre d’un poème de Jean-Claude Tardif (né en 1963), poème que voici sans tarder :

Trois questions sans réponse

Comment écrit-on un poème ?
Je crois que je ne sais pas,
enfin pas vraiment.

Comment parle t-on de la mort ?
Avec l’air dégagé de celui qui sait
comment écrire un poème.

Comment vit-on sa vie ?
En cherchant chaque jour à lire un poème
qui nous rassurerait sur le noir.

 

La photographie est de Jean-Michel Marchetti

La photographie est de Jean-Michel Marchetti

Bonus, la page 45, page qui suit les Trois questions sans réponse :

Jean-Claude Tardif - La vie blanchit - page 45

 

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Hier soir…

Publié dans blabla, Ma vraie vie

Hier soir, exceptionnellement, je ne suis pas allé à l’atelier-théâtre. Je suis allé dans une station Total, j’ai allumé un cierge, pas trop près des pompes à essence, et je me suis recueilli.

J’avais un lot de trois cierges, le premier je l’avais brûlé devant une boutique Apple le jour de la mort de Steve Jobs, il m’en reste donc un pour… Serge Dassault ? François Pinault ? …?

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